Ces grévistes qui ne veulent rien lâcher
Posted by cftchus on octobre 17th, 2010
(DR - Louison)
Future licenciée de Téléperformance, métallo de 50 ans ou encore jeune bûcheron… Le mouvement contre la réforme des retraites n’a pas mobilisé que des salariés du secteur public. Au-delà de la réforme des retraites on bat le pavé contre une mondialisation implacable.
Didier (PSA-Citroën) ne veut pas partir en Chine
- Sa carte de la CGT est toute neuve. Il y a deux ans, Didier a fini par se syndiquer. Trop, c’était trop. Trop de licenciements, trop de mauvaises conditions de travail. En moins de dix ans, l’usine Citroën de Rennes dans laquelle bosse depuis 26 ans ce « quinqua » baba-cool a licencié la moitié de ses salariés. Douze mille au début des années 2000, moins de six mille aujourd’hui. La faute sans doute au « lean », cette méthode de travail « made in Toyota », où la performance prime sur le reste au détriment, souvent, des salariés. « Travailler comme ça au-delà de 60 ans? Je ne m’y vois pas du tout! », lance ce dessinateur de faisceaux électroniques, keffieh noué autour du cou.
- La mobilisation contre la réforme des retraites? Un prétexte pour taper du poing sur la table et crier sa colère. Une colère partagée par ses collègues de Citroën qui, aux dernières élections professionnelles, ont massivement voté pour la CGT, devenue majoritaire dans l’usine, détrônant l’indéboulonnable syndicat patronal. Les licenciements, les délocalisations, les périodes de chômage partiel, la perte d’une des trois lignes de montage…
- Quand tout cela va-t-il s’arrêter? Les promesses du PDG de Citroën, Philippe Varin, qui s’est déplacé début octobre sur le site déjà bien sinistré de Rennes, n’ont pas vraiment convaincu Didier : « on espère obtenir la production d’un nouveau véhicule, peut-être la DS6. Mais est-ce que ça changera les choses? ». « Des lignes de production ont déjà été délocalisées en Chine et en Russie. Ça nous fait hurler! On va perdre les grosses voitures que nous produisons ici ». S’il veut être sûr de poursuivre son activité à PSA, Didier a toujours la possibilité de se délocaliser lui aussi. En Chine, par exemple, comme l’y incite sa direction. « On nous montre des films sur les Chinois, la vie en Chine… On nous propose un demi-salaire en plus pour partir là-bas. Certains acceptent pour cet argent. C’est inquiétant ».
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